Quand, n'y tenant plus, j'abordais enfin aux portes de Camargue, en cinq jours de route (450km~) cheveux aux vent sur mon Solex, j'avais 16 ans. Je voulais prendre la Camargue comme on prend le maquis (marquis?*) et c'est elle qui m'a prise, au Sambuc tout d'abord... et ne m'a plus lâché, 43 ans que ça dure! Aujourd'hui c'est le train qui me dépose devant cette rutilante gare routière d'Arles, sésame de toute la région. Et me revoilà, ce 18 mai, attendant le car des Saintes
Arrivée à bon port en début de soirée fatiguée et le ventre creux, je retrouve Pomponette (Debla) et Michael avec grand plaisir. Le blog ça va un moment mais la vraie vie c'est vachement mieux.
(Pompon tu es une mère pour moi!)
Nuit et paupières tombantes l'heure de la retraite sonne.
La lune m'accompagne d'un clin d'oeil complice.
Je prendrais mes marques demain...
Et voila c'est parfait, l'église, elle au moins, n'a pas bougé. La Place des gitans, le temps du pèlerinage, se transforme de bon matin en un grand marché ou chacun trouvera absolument tout pour l'aménagement, l'entretien et la vie quotidienne de son campings.
On dégaine les guitares, chanter en travaillant, il n'y a que ça de vrai
De partout des montagnes de couettes et d'oreillers me font de l'oeil, indûment... J'ai ma dormi et me laisse tenter, juste 10 euros pour un bel oreiller tout gonfler et tendre ça ne se refuse pas. Les journées sont longues et les nuits très courtes.
Un détour par l'étang des Launes
et je m'envoleau camprejoindre Pompon (Debla)
qui devise allègrement avec Negrita son amie de jeunesse.
Pas un jour ne se termine sans que je ne retourne aux Launes assister au coucher du roi Soleil, tout en douceur (voir aussi la bannière tout là-haut)
Réveillée à l'aube...
La journée s'annonce prometteuse. La plage se prépare à recevoir Sara-la-Noire dans quelque jours et Sarah la mienne dans l'heure
qui suit. C'est à l'endroit précis des traces que la procession prendra l'eau que les pèlerins accompagneront Sara à la mer.
Gorgée de soleil
RAYONNE!
Ce soir toute la famille est réunir au camp pour la présentation du clip (tourné en partie chez elle) et du nouveau CD de Negrita.
Le plaisir d'être là, ensemble, surpasse de loin celui des oreilles
car la sono me gonfle est sur-dimensionnée!
Mais, pas abattues pour autant, au retour nous faisons un sort à la bouteille de champagne pour fêter ces retrouvailles, encore de belles journées à venir! Pompon (Debla) se méfie, la triple boucle piquée, ça va une fois...
Dès le plus jeune âge il est de bon ton d'avoir sa caravane et de saluer l'astre du jour au signal du collègue
ça le mérite bien!
Mais aussi de faire une visite à Sara en sa crypte avant l'arrivée du
premier car. Être seule dans ce gigantesque vaisseau fortifié m'enchante, j'aime cette église, de quelque côté que je l'aborde elle ne cesse de me fasciner et ce depuis quarante ans au bas mot.
Plus tard, pour bien aborder la soirée, rien de tel
Le jazz manouche est abondamment représenté cette année,
ci-dessous le groupe Romano Swing qui participait la la veille à la commémoration de la déportation des tziganes au camp de Salier...
Arrivées depuis peu les voix flamenca se regroupent et se chauffent
Je retrouve Negrita comme je la préfère, à cru, débranchée, accompagnée d'un de ses frères et sa fille, loin de la sono
et du tapage promotionnel
Plus tard encore un moment fort, devant le portail de l'église,
ou elles font naître la danse au seule rythme des palmas...
Tout doit devrait aller crescendo jusqu'au 24, mais voilà
nous ne sommesque le 22 et, dès le lendemain,
c'est comme ça que ça se passe !
son et images extraits d'un vidéo impossible:
Ci-dessous le 24 dans l'attente de Sara qui tarde...
J'ai abandonné mon rocher sous peine de tomber à l'eau
Le 25 c'est pire encore! Pomponette a déjà repris la route, mais nous faisons de la résistance. Cocooning de jour, bonne ptie bouffe le soir ont eu raison de tous nos états d'âmes.
Nous rejoignons nos pénates dans la joie et l'allégresse.
L'après-midi touche à sa fin, ça grouille de partout... -Mais bon dieu! On à pas encore fait les test son! Ou sont passé les micros!! On ne sera jamais prêt! Le stress perle au front du metteur en scène... Elle, haute comme 3 pommes, trottine le long des gradins antiques, les escalade parfois. Sa "chupeta" vissée au lèvres, elle ri et joue avec ses cousines, je l'observe avec tendresse, elle me souri. Là-bas, sa famille est sur scène... essai d'éclairage, ça gargouille dans les micros retrouvés... 1, 2, - 1, 2, tu m'entends?? Malicieuse elle va parfois les rejoindre puis reviens en courant. Le metteur en scène jure tout haut qu'on ne l'y prendra plus. La nuit maintenant est tombée, les premiers spectateurs arrivent...
Subrepticement la représentation touche à sa fin et soudain, sautant et tendant les bras pour se faire hisser du bas de l'estrade, elle nous offre un pur moment de grâce, "chupeta" intacte au milieu du sourire.
L'appareil photo, saisi en hâte, n'a permis ni plus, ni mieux...
Repérez le petit bout'chou au centre de la scène et ne le
lâchez plus des yeux, il n'y à qu'elle et c'est très court !
Monsieur le metteur en scène, qui par ailleurs teniez le rôle du curé, il est des choses qui ne supportent le formatage, et qui surgissent si affinité seulement.